Cette présentation rassemble 53 cartes postales anciennes (dont trois doubles) sur l’Affaire Cadiou. Produites par six éditeurs, elles offrent un rare témoignage photographique de l’époque et montrent le rôle clé de la carte postale dans la diffusion de l’information et la formation de l’opinion.

Elles illustrent les lieux du drame — le site de la découverte du corps, l’usine, le pont sous lequel l’ingénieur et le directeur furent aperçus ensemble pour la dernière fois — et montrent comment l’affaire fut perçue et relayée par l’image.

Il est possible de consulter sur le site Cartorum les cartes postales géolocalisées en utilisant le mot-clé #affairecadiou.

Sources : Archives de Landerneau et collection privée.

L.L. Léon & Lévy

La série de la maison parisienne Lévy Fils et Cie (L.L.) relève d’une couverture topographique classique de Landerneau et de ses environs. Les cartes vérifiées vont du n°18 au n°34, à l’exception des n°20 et 21. L’iconographie, centrée sur les paysages et les institutions locales, et la poursuite de la numérotation au-delà du n°60 écartent l’hypothèse d’un lien spécifique avec l’affaire de la Grande Palud, au profit d’une démarche documentaire globale.

Desmoulins Landerneau

Située à proximité immédiate de l’armurier Marie, au 11 rue Lafayette, l’imprimerie Desmoulins est à l’origine de trois clichés répertoriés (n°68, 69 et 71). Le cliché n°70 représente la pierre de fondation du pont habité de Landerneau et n’entretient aucun lien avec l’affaire Cadiou. Les cartes n°72 et 73 n’ont pas pu être identifiées. Enfin, les cartes antérieures au n°67 et postérieures au n°74 ne concernent pas la Grande Palud.

François Tourmen Brest

L’éditeur brestois François Tourmen est l’auteur d’une série de huit clichés (n°85 à 92), aisément identifiables grâce à son emblème — une ancre de marine entourée des initiales F.T. En l’état actuel des recherches, la production liée à cette affaire se limite strictement à cette séquence, aucun numéro antérieur ne concernant la Grande Palud. Aucune carte postérieure n’a, par ailleurs, été identifiée.

Artaud et Nozais Nantes

La maison nantaise Artaud et Nozais, acteur incontournable de la carte postale au début du XXᵉ siècle, a produit avec la série sur l’Affaire Cadiou un ensemble documentaire d’une richesse exceptionnelle.

Cette collection totalise vingt-neuf cartes originales, complétés par trois variantes d’édition. Elle s’articule autour d’une séquence humoristique de sept cartes et d’une suite chronologique allant du numéro 97 au numéro 118, parvenue jusqu’à nous dans son intégralité. En l’état actuel des recherches, cette séquence semble délimitée par ces deux bornes numériques. Les doublons observés pour les cartes 103, 104 et 105 révèlent des réimpressions caractérisées par des variations de composition typographique et de légende.

Par son ampleur, cette série constitue la source iconographique majeure de l’affaire. Elle illustre parfaitement la transformation d’un fait divers en phénomène médiatique, porté par l’essor de la carte postale comme média de masse.

Le Bourdonnec Brest

Yves Le Bourdonnec (1863-1920) exerçait comme photographe au 65 rue de Siam à Brest, où il tenait un magasin sous l’enseigne « Photographie de la Marine ». Une série de six cartes postales numérotées de 881 à 887 a été réunie, bien que le numéro 883 manque. À ce jour, aucun élément ne permet d’établir l’existence de cartes antérieures au numéro 881 (877 et 878 concernant La Forest Landerneau) ou postérieures au 887 liées à cette affaire. 

A la Ménagère

Réédition du cliché n°885 (Le Bourdonnec, Brest) pour le magasin « À la Ménagère ». Ce type d’établissement, très répandu à la Belle Époque, servait de grand bazar dédié aux arts de la table, à l’ameublement et à la quincaillerie.