Manchette du journal Le Cri du Peuple, édition de avril 1914

Le Cri du Peuple est un journal hebdomadaire local français, édité à Brest, qui paraît de 1908 à 1935, avec un rayonnement sur le département du Finistère.
Le titre est contrôlé par la fédération socialiste du Finistère (SFIO).
Tirage 1914 : inconnu
L’affaire Cadiou au quotidien
1914 : 4 articles dont 3 en première page
1919 : 0 article
Ce journal, hostile sur le plan politique au député Émile Cloarec — proche de la famille Cadiou et qui est intervenu à plusieurs reprises auprès du ministère de la Guerre en faveur de l’usine — traite l’affaire Cadiou exclusivement sous un angle politique, en exigeant du député qu’il justifie ses actions. Il le désigne de manière péjorative comme « l’homme de Colmar ».

Source : Archives départementales du Finistère

28 février 1914 – p. 1

Quelques pourquoi de l’affaire Cadiou ?

Voici quelques-unes des questions que l’on se pose à Landerneau, à propos de l’affaire Cadiou.
1° Attendu que la victime voyageait assez souvent, sans rendre compte, sans doute, de ses moindres déplacements, pourquoi, dès les premiers jours de janvier, alors que l’assassinat n’était peut-être pas consommé, pourquoi la famille et les amis de la victime ont-ils manifesté une si rapide inquiétude ? Avaient-ils connaissance de certaines menaces et de quelles menaces ;
2° Attendu que M. Cadiou, nommé administrateur de le grande Palud, dans les conditions que connait bien M. Cloarec, avait été exclu des adjudications de l’État ; attendu que sa présence à la tête de l’usine ne pouvait gêner que les personnes amies de le Grande-Palud et intéressées à sa prospérité, pourquoi M. Cloarec, député de Morlaix, parle-t-il avec tant d’insistance des ennemis de M. Cadiou, au risque de lancer l’instruction sur une piste qui pourrait être fausse ;
3° Attendu que le même M. Cloarec, donne des interviews à tous les journalistes qui s’adressent à lui, attendu qu’il semble résulter de ce fait que M. Cloarec possède des renseignements pouvant éclairer la justice, sur l’assassinat de son ami Cadiou, pourquoi le député de Morlaix de demande-t-il pas à être entendu par le juge d’instruction ? Pourquoi ne met-il pas ce magistrat au courant du précieux contenu des valises auxquelles il s’est tant intéressé, par télégrammes adressés à Landerneau et à Morlaix ?
4° Attendu que la justice ne croit pas plus que nous aux sommables ; attendu, dans ces conditions, que pour la justice, M. Cadiou frère qui a trouvé si vivement le cadavre de la victime, a eu des indications précises, sur le lieu où se trouvait le cadavre, pourquoi le juge d’instruction ne demande-t-il pas à M. Cadiou frère de lui dire qui lui a donné ces indications, comment M. Cadiou frère n’a-t- il pas apporté spontanément ce renseignement au juge d’instruction, pour étayer l’accusation actuelle ?
5° Attendu que la justice semble s’intéresser à la façon dont été cette la Société alors mi-allemande de la Grande-Palud, pourquoi le juge d’instruction en vertu de son pouvoir discrétionnaire ne demanderait-il pas, et ne mettrait-il pas à la disposition des avocats, le rapport de M. le Contrôleur général Chapelle, rapport établi sur l’ordre de M. Chéron, et qu’il serait facile de procurer au ministère de la Guerre ?
Nous ne serions trop attirer l’attention de M. le juge d’instruction, des membres de la famille Cadiou, de M. Cloarec et des avocats des parties en cause sur ces quelques pourquoi, qu’il y aura peut-être lieu de compléter par quelques-autres.
L’opinion publique n’admettrait pas qu’un pareil crime reste impuni.

18 avril 1914 – p. 3

On annonce la candidature du citoyen Ch. Rolland de Guerlesquin.
M. Charles Rolland qui ne veut en rien gêner la candidature du citoyen Le Borgne, se propose surtout paraît-il de rappeler aux électeurs morlaisiens que la preuve est aujourd’hui faite de l’indignité que lui, Rolland, avait proclamé bien longtemps avant que n’éclatât le pétard de l’affaire Cadiou.

9 mai 1914 – p. 1

M. Bidard de la Noé continue l’instruction de l’affaire Cadiou. Il entendra M. Cloarec, l’homme de Colmar, mardi prochain.
Bossard, inculpé dans l’affaire Cadiou est mis en liberté provisoire mais Pierre reste sous les verrous.
M. Cloarec explique difficilement son rôle dans l’affaire Cadiou ; il réclame en quittant le juge 124 francs de déplacement.

20 juin 1914 – p. 1

Il y a toujours une affaire de la Grande Palud et le coupable reste introuvable ; si l’on pouvait ressusciter Cadiou il serait facile d’enterrer l’affaire.
On l’enterrera bien tout de même, avec le concours de l’homme de Colmar.

Écho de Bretagne

Manchette du journal Écho de Bretagne, édition de mars 1914

L’Écho de Bretagne est un journal hebdomadaire local français, édité à Quimperlé, qui paraît de 1909 à 1944, avec un rayonnement sur l’arrondissement de Quimperlé.
Le journal a une ligne politique républicaine.
Tirage 1914 : inconnu
L’affaire Cadiou au quotidien
1914 : 5 articles dont 0 en première page
1919 : 0 article

Source : Archives départementales du Finistère

20 février 1914 – p. 3

Le Crime de Landerneau.
On n’en est plus à compter les surprises, voire les coups de théâtre, qui se succèdent au cours de l’instruction du drame ténébreux de la Grande-Palud.
Assassiné le 30 décembre, M. Cadiou aurait été vu le 1er janvier à Morlaix, le 2 à Rennes.
De même, il semblait établi que le malheureux industriel avait été préalablement étranglé avant d’avoir la gorge coupée. Or, la contre-autopsie qui a été opérée mardi par les soins du docteur Paul, délégué du parquet de Paris, vient de démontrer que M. Cadiou a été tué d’un coup de feu dans la région de la nuque.
Le médecin légiste a découvert la balle qui est du diamètre de 6 millimètres.
La section de la gorge a été faite après la mort.
D’autre part, la demande de mise en liberté provisoire formulée par l’ingénieur Pierre, a été formellement rejetée par le parquet de Brest, de nouvelles présomptions au sujet de la culpabilité du détenu semblant prendre corps. En effet il y a environ six mois, M. Pierre avait fait l’achat d’un revolver d’un calibre conforme au diamètre de la balle blindée trouvée dans la tête du cadavre. Cette arme n’a pu être retrouvée, mais l’enquête a fait découvrir en sa place, dans la chambre de l’ingénieur, un autre revolver qu’il avait remis, en juillet dernier, à M. Bossard, veilleur de nuit à la Grande-Palud ; celui-ci, en cessant ses fonctions, aurait rendu l’arme à M. Pierre.
Le parquet de Brest s’est rendu à Saint-Divy, où habite M. Bossard, pour enregistrer les déclarations qu’il serait susceptible de faire sur ce point.

13 mars 1914 – p. 3

LANDERNEAU. L’Affaire Cadiou. Le mystère de la Grande-Palud n’est pas encore éclairci. On recherche toujours le revolver.
Il semble que l’innocence de l’ingénieur Pierre pourra être établie et que celui-ci ne saurait tarder à être remis en liberté.

3 avril 1914 – p. 3

LANDERNEAU. Le mystère de la Grande-Palud. Il semble établi aujourd’hui que M. Cadiou était encore vivant le 4 janvier.
Me Feillard, défenseur de l’ingénieur Pierre, proteste contre les conclusions du Procureur général rejetant la demande de mise ne liberté provisoire.

12 juin 1914 – p. 2

L’Affaire Cadiou
La prochaine session des assises du Finistère étant fixée au 6 juillet, M. Bidard de la Noë, juge d’instruction, déclare que l’information de l’affaire de la Grande-palud ne pourra être terminée pour que Pierre puisse être jugé au cours de cette session. L’affaire ne pourra venir devant la Cour d’assises qu’à la session d’octobre.

19 juin 1914 – p. 2

L’Affaire Cadiou
Me Feillard, l’avocat de M. Pierre, a reçu de Rouen une lettre signée Le Goff, ancien ouvrier de la Grande Palud. Dans cette lettre, très correctement rédigée, M. Le Goff déclare que M. Cadiou n’a certainement pas été assassiné, mais qu’il s’est suicidé le 2 janvier, à Landerneau, après avoir fait un voyage à Morlaix, à Saint-Pol-de-Léon, à Henvic et à Carantec, où il aurait été vu le 1er janvier, à 3 h. 40 de l’après-midi.
D’après le signataire de celle lettre, M. Cadiou aurait été enterré dans le bois de de la Grande Palud au cours de la nuit au 5 au 6 janvier, avec la complicité de deux ouvriers de l’usine commis de M. Pierre.
Me Feillard croit, jusqu’à présent, que la lettre en question est l’œuvre d’un fumiste. Il a néanmoins adressé à son client en lui demandant ce qu’il en pensait.
– Un ouvrier nommé Le Goff a bien Tait partie de mou personnel, a dit M. Pierre, mais il a quitté le pays depuis longtemps. Ce n’est certainement pas lui qui a écrit à Me Feillard.
– L’enquête relative à l’affaire Cadiou va prendre une nouvelle activité.
Mardi matin, M. Bidart [Bidard] de la Noë, juge d’instruction, et M. Rouquier, commissaire divisionnaire de la brigade mobile de Rennes se sont rendus à la Grande-Palud pour procéder à une nouvelle perquisition au domicile de l’ingénieur Pierre.
Cette opération avait notamment pour but de rechercher des balles de revolver de six millimètres. Si l’une de ces balles était retrouvée, elle serait immédiatement expédiée à M. Grivolat, l’expert-armurier de Saint-Étienne, qui la comparerait à celle retrouvée dans le cou de M. Cadiou. Mercredi a eu lieu la confrontation générale de M. Pierre et des ouvriers qui se trouvaient à l’usine le matin du 30 décembre.
On met en vente l’usine de la Grande-Palud. De grandes affiches viennent d’être apposées dans les principales localités du Finistère, annonçant, pour le 6 juillet, la mise en vente de l’usine de la Grande Palud désormais célèbre.
C’est à la requête de la famille Cadiou que Me Vichot, avoué à Brest, fait procéder à cette vente.
Les bâtiments de l’usine et l’ancien moulin que l’ingénieur Pierre habitait sont mis à prix pour la somme de 200.000 francs,
La villa de Keranster est également mise en vente au prix de 15 000 francs. On suit que ce collage, où la famille Cadiou passait l’été, se trouve à Morlaix au lieu-dit « Bas de la Rivière ».

Le Bas-Breton

Manchette du journal Le Bas-Breton, édition de février 1914

Le Bas-Breton est un journal hebdomadaire local français, édité à Chateaulin, qui paraît de 1859 à 1940, avec un rayonnement sur l’arrondissement de Chateaulin.
Le journal a une ligne politique républicaine.
Tirage 1914 : inconnu
L’affaire Cadiou au quotidien
1914 : 6 articles dont 2 en première page
1919 : 0 article

Source : BnF Gallica

21 février 1914 – p. 1

L’affaire Cadiou, ce directeur de l’usine de la Grande- Palud, assassiné dans des circonstances restées mystérieuses, continue à passionner l’opinion. L’ingénieur Louis Pierre est toujours en prison ; le juge d’instruction a refusé de le mettre en liberté provisoire ; pourtant il a déclaré que les charges qui pesaient sur lui s’évanouissaient de jour en jour et qu’on n’avait plus que de vagues présomptions.
On affirmait que le crime remontait au 30 décembre et que M. Pierre avait été la dernière personne vue avec M. Cadiou. Or des témoins nombreux déclarent avoir vu l’usinier à Morlaix le 1er janvier et même le 2 et le 3.
L’autopsie du cadavre a été faite par le docteur Paul, mandé de Paris. Ce praticien a déclaré que M. Cadiou avait été tué par une balle de revolver qu’il a retrouvée derrière la tête de la victime. C’est après qu’on lui a tranché à moitié la tête et qu’on l’a enfoui pour détourner les soupçons et tromper les recherches.

28 février 1914 – p. 2

L’instruction de l’affaire Cadiou de Landerneau continue, sans apporter aucune révélation nouvelle, depuis le coup de théâtre de l’expertise du docteur Paul, qui a permis de déterminer la façon dont M. Cadiou avait été assassiné. Les charges contre l’ingénieur Pierre qui semblaient s’évanouir sont de nouveau très graves, car il est établi que Pierre a acheté un revolver dont les balles sont identiques à celles qui ont tué M. Cadiou. Or, ce revolver a disparu ; Pierre dit qu’il l’a vendu à un voyageur de commerce qui affirme le contraire et il est en désaccord avec l’armurier sur la date à laquelle il a acheté l’arme.

14 mars 1914 – p. 2

L’affaire Cadiou devient de plus en plus mystérieuse. Les témoins qui affirmaient avoir vu pour la dernière fois M. Cadiou le 30 décembre avec l’ingénieur Pierre se rétractent ; d’autres affirment avec plus de netteté que jamais, que M. Cadiou était à Morlaix le 31 Décembre et même le 4 Janvier. L’ingénieur Pierre a été confronté avec le frère de la victime ; l’entrevue a été mouvementée mais sans profit pour l’instruction qui est tout entière à refaire. Le dossier est actuellement soumis à la Chambre des mises en accusation qui aura à statuer sur la demande de mise en liberté provisoire de l’ingénieur. Un facteur des environs de Paris prétend avoir la preuve de l’innocence de Pierre, mais se déclare lié par le secret professionnel.

28 mars 1914 – p. 2

Dans l’affaire Cadiou, une nouvelle enquête a établi que M. Pierre a bien acheté un revolver en 1913 et non en 1912. Cet achat a eu lieu dans le courant du mois de mai 1913, après une tentative d’effraction du coffre-fort de l’usine et quelques jours après le cambriolage du château de Bon- Repos, voisin du bois de la Grande-Palud. Une lettre anonyme adressée d’Alger à un Parquet du ressort de la Cour de Rennes, contiendrait les noms de trois personnes désignées comme les assassins de M. Cadiou. Cette piste serait assez sérieuse ; cependant, au Palais de Rennes, on refuse de donner le moindre renseignement sur cette lettre.

6 juin 1914 – p. 2

Il est dit que l’affaire Cadiou ne finira pas. Voici qu’une enquête vient d’être ouverte à Angoulême dans le but d’établir si, oui ou non, Cadiou serait venu à Angoulême dans le courant du mois de décembre et si, à cette époque, un blessé n’aurait pas été transporté en automobile à Brest.

1er août 1914 – p. 1

Au cours de l’instruction de l’affaire Cadiou, la justice a acquis la conviction que des fraudes et des malfaçons avaient été commises à l’occasion de livraisons de coton-poudre à la poudrerie d’Angoulême. Une perquisition effectuée dans cette fabrique a été fructueuse et a démontré que des fraudes et des malfaçons avaient été commises pendant plusieurs années.