Titre : L’épopée des Brigades du Tigre
Auteur : Charles Diaz
Nombre de pages : 243 pages
Publication : 1995
Editeur : Calmann-Lévy
ISBN : 9782702124420

Source : BnF Gallica

Charles Diaz (1957-) est une figure majeure de la police française. Entré en 1980 au quai des Orfèvres comme inspecteur à la brigade criminelle, il a gravi les échelons jusqu’à terminer sa carrière comme contrôleur général à l’Inspection générale de la police nationale. Il a notamment été chef d’état-major de la police judiciaire, numéro deux de la Division nationale antiterroriste, et a joué un rôle important dans la modernisation de la police technique et scientifique. Historien de la police, il a publié de nombreux ouvrages.

Le livre « L’épopée des Brigades Mobiles » a été publié en 1995. En 2010, une version enrichie de 50 pages paraît sous le nom « La nouvelle épopée des brigades du Tigre ».
Dans l’édition de 1995, l’épisode de l’affaire Cadiou est abordé des pages 224 à 230 sous le titre « Le mystère de la Grande-Palud ».

Le mystère de la Grande-Palud (résumé)

À la fin de 1914, de nombreux anciens de la Police Judiciaire, dont ceux des brigades mobiles, sont intégrés à la Sûreté aux armées chargée du contre-espionnage. Les policiers de la mobile connaissent déjà les affaires impliquant espionnage ou manipulations étrangères, même s’ils les jugent « trop glauques ». Ils gardent notamment un souvenir amer d’un échec : l’affaire Cadiou, traitée par la 13ᵉ brigade mobile de Rennes.

Le 2 janvier 1914, cette brigade, sous la direction du commissaire Le Coz, est dépêchée à l’usine de La Grande-Palud pour enquêter sur la disparition de l’industriel Louis Cadiou. Les premiers actes d’enquête ne donnent rien : les mobilards interrogent le personnel, inspectent les bâtiments, explorent rumeurs et pistes fantaisistes, tout en écartant rapidement les hypothèses d’adultère ou de fuite volontaire. Le Coz, convaincu qu’il s’agit d’une affaire criminelle, rappelle au juge l’historique troublant de l’usine autrefois contrôlée par des Allemands.

Lorsque le corps de Cadiou est découvert grâce à l’indication d’une voyante, les policiers mobiles relèvent un état de conservation anormal du cadavre et un mode opératoire ressemblant à une exécution. Le Coz en conclut que l’enquête est manipulée. Cette conviction se renforce lorsque la brigade met au jour plusieurs témoignages certifiant que Cadiou était encore vivant les 31 décembre et 1er janvier, ce qui contredit la version officielle. Le juge d’instruction refuse néanmoins de retenir ces éléments, rejette toute nouvelle investigation et écarte la brigade mobile de l’affaire.

Pour les mobilards, le dossier ressemble à un véritable jeu de marionnettes : le corps n’a pas été enterré là où il a été retrouvé, sa découverte a été orchestrée, l’ingénieur Pierre ne correspond pas au profil d’un meurtrier, et quelqu’un semble tirer les ficelles dans l’ombre. Sébille lui-même tente d’intervenir auprès du juge, en vain.

En 1919, lors du procès, le commissaire Le Coz est appelé à témoigner. Il rapporte qu’un parlementaire lui aurait confié que Cadiou avait été éliminé parce qu’il représentait une gêne, mais, faute de preuves et par loyauté, la brigade mobile n’ira pas plus loin. Ainsi s’achève pour les policiers mobiles une affaire où leur travail minutieux fut constamment entravé et dont les zones d’ombre ne furent jamais totalement éclaircies.

« Ce n’est pas sous une mince couche de boue que l’on a enfoui Cadiou, commentera un chroniqueur, c’est sous une chape de plomb ! »