Titre : L’histoire vraie des brigades mobiles
Auteur : Marcel Montarron
Nombre de pages : 319 pages
Publication : 1976
Editeur : Robert Laffont
ISBN : 9782221204412

Source : BnF Gallica

Marcel Montarron (1902-1994) était un journaliste judiciaire. Il dirigea notamment l’hebdomadaire Détective. Dans son livre, « L’histoire vraie des brigades mobiles », il consacre un chapitre à l’affaire Cadiou intitulé « De poudre et une balle » (p. 48-66).

De poudre et une balle (résumé)

 Il rappelle qu’au début du XXᵉ siècle, les brigades mobiles, encore jeunes, cherchent à s’imposer dans un paysage policier en mutation. C’est dans ce contexte de modernisation inégale que survient l’affaire Cadiou. La disparition du directeur de l’usine de la Grande Palud mobilise rapidement police locale, parquet et brigade mobile, mais leurs interventions se révèlent désordonnées et parfois concurrentes.

La découverte du corps — facilitée par les indications d’une voyante plus que par les investigations officielles — expose les premières défaillances : une autopsie menée de façon expéditive, suivie d’une contre-expertise contredisant les premières conclusions. L’enquête se focalise ensuite sur l’ingénieur Pierre, sur la base d’indices fragiles et de témoignages fluctuants. Les brigades mobiles, censées apporter rigueur et méthodes nouvelles, peinent à s’imposer face aux autorités locales ; les divergences d’analyse, les rivalités et le manque de coordination minent l’instruction.

Les témoignages contradictoires (notamment ceux affirmant avoir vu Cadiou vivant après sa disparition), l’impossibilité de prouver le lien entre la balle et l’arme du suspect, et plusieurs éléments inexplicables renforcent la confusion. À cela s’ajoutent des pressions politiques et industrielles : l’usine, financée par des capitaux allemands et liée à des marchés militaires, suscite soupçons et calculs, tandis que Pierre affirme vouloir dénoncer des irrégularités susceptibles de menacer la défense nationale.

Au final, l’enquête accumule erreurs techniques, conflits de compétence et influences extérieures. Ces dysfonctionnements aboutissent à un dossier affaibli qui, en 1919, conduit à l’acquittement de Pierre faute de preuves solides. L’affaire Cadiou devient ainsi l’exemple d’un échec policier et judiciaire où les brigades mobiles, encore en construction, n’ont pas réussi à compenser les lacunes de l’instruction ni à dissiper le mystère du crime.