Mémoires du crime
L'affaire Cadiou ou l'introuvable assassin - p. 43-64
Bernard Marc (1961-) est médecin et historien des sciences. Il s’est particulièrement intéressé au Service de santé pendant la Première Guerre mondiale. Médecin hospitalier, il est également expert honoraire auprès de la cour d’appel.
Après avoir travaillé pendant trente ans dans différents services de médecine légale, qu’il a dirigés, il est aujourd’hui praticien hospitalier et responsable des urgences médico-judiciaires du Grand Hôpital de l’Est Francilien.
Charles Paul (1879-1960) dit le docteur Paul était un célèbre médecin légiste qui pratiqué près de 160 000 autopsies.
Écrit à partir des archives du docteur Paul, ce livre aborde en 12 chapitres pour 12 faits divers retentissants. On assiste aux débuts de la médecine légale et de la police scientifique.
Analyse de l’ouvrage Mémoires du crime : le légiste raconte
Le deuxième chapitre de cet ouvrage, consacré à la célèbre affaire Cadiou, s’appuie largement sur la revue d’Arthur Bernède, L’Introuvable Assassin. On y relève cependant plusieurs imprécisions concernant l’identité des protagonistes (Le Cloarec/Cloarec – Guillemard/Guilmard – Me Fouillard/Me Feillard – Brossard/Bossard).
Un résumé narratif plutôt qu’une analyse technique
D’une longueur d’environ 5 000 mots, ce récit propose une synthèse de l’affaire. Bien que le Docteur Paul y apparaisse, le lecteur restera sur sa faim concernant la célèbre contre-autopsie : cet événement, pourtant véritable coup de théâtre judiciaire, n’y est traité que de manière superficielle.
Plus globalement, l’ouvrage de Bernard Marc doit être abordé comme un recueil d’histoires criminelles célèbres liées aux interventions du Docteur Paul, plutôt que comme un traité technique. On n’y trouvera ni détails sur ses méthodes d’investigation, ni anecdotes précises sur la modernisation de la médecine légale au début du XXe siècle.
Pour approfondir la psychologie du Docteur Paul, saisir la personnalité et le ressenti du légiste, il est préférable de se plonger dans ses entretiens de l’époque, bien plus riches en enseignements :
- Le Petit Parisien (23 sept. 1922) : Il y qualifie déjà l’affaire Cadiou de « belle affaire ».
- La Liberté (18 fév. 1927) : Un témoignage rare où il livre ses émotions (peur, dégoût, surprise et triomphe) et décrit l’atmosphère survoltée de l’autopsie, pratiquée devant 30 témoins et une nuée de journalistes.
- Revue Détective (1938) : Dans le numéro du 23 juin, il réaffirme l’importance du dossier Cadiou. Le 8 septembre, il y apporte une précision sémantique capitale : il refuse le terme de « contre-autopsie », lui préférant celui de « seconde autopsie », la sienne étant restée dans les annales comme la plus célèbre du genre.
